Description
L’INDIEN DOMINANT
« The dominant native » – « El indio dominante »
Guitare solo (2’42 ») – Composition 2014
A) Solide
B) Vigoureux (page 1 mes.7)
C) Résistant (page 2 mes.13)
D) Prolifique (page 2 mes. 17)
E) Éclairé (page 2 mes.23)
F) Action créatrice (page 3 mes.30)
G) Grande peur (page 3 mes.40)
H) Grand courage (page 4 mes.48)
I) Puissant levier (page 4 mes.52)
J) À la source (page 4 mes.58)
K) Féconder (page 5 mes.70)
L) Arborescence (page 5 mes.78)
Inspiration poétique :
… Un ruissellement mélodique continu, sur un terrain changeant qui lui imprime ses courbes.
De sourdes percussions périodiques viennent interrompre et questionner le discours sonore.
Semblable à des couches sédimentaires superposées, chaque variation vient se rajouter à l’autre
et apporter une nouvelle coloration, une nouvelle densité, une nouvelle épaisseur.
Intérêt technique :
La virtuosité dans l’exécution de cette pièce fait partie de son intérêt musical.
Clarté et fluidité de jeu sont requises afin de ne pas trahir la nature libre de ce flux sonore.
Un discours musical qui s’exprime essentiellement dans une écriture mélodique linéaire d’où la
moindre altération du continuum sonore serait perçue.
Doigtés :
– La main gauche fonctionne généralement par positions d’accords stables. Chaque position se
développe en deux temps : une 1ère partie sur une position d’accord figée, suivie d’une 2nd partie
beaucoup plus mouvante en notes conjointes.
– La main droite suit ce mouvement régulier avec la 1ère partie en notes d’arpège pincé puis la 2nd
partie en notes de gamme appuyée (notes butées).
– Dans les passages en gamme appuyée, la partition présente parfois la combinaison de jeu à 3
doigts avec a,m,i à la main droite. Cette combinaison a pour but d’améliorer la fluidité de jeu ainsi
que de soulager le battement binaire habituel, index/majeur, généralement utilisé dans les passages
mélodiques conjoints.
– Parfois l’utilisation du pouce main gauche ‘5’, est écrite, un geste rendu nécessaire dans certains
passages et très pratique une fois maîtrisé.
– L’utilisation de l’auriculaire main droite ‘x’ est présent dans le jeu en percussions.
Pour une bonne exécution de la pièce, il est non seulement utile de pré-positionner les accords main
gauche, mais aussi de pré-positionner certains doigts de la main droite, en prenant appui parfois au
pouce sur la basse ou à l’annulaire sur la corde aigüe. Il s’agit, d’avoir par le sens du toucher, en quelque
sorte les avantages d’un « géo-positionnement », ce qui aide considérablement à la virtuosité de jeu.
L’indien dominant-Guitare solo-Arthur Dente 1/ 2 2
Position de jeu main droite : (plus de détails dans la nomenclature).
– Des indications de positions de jeu sont proposées sur la partition pour la main droite (m.d/jeu à
droite; centré; à gauche).
Jouer avec une attaque des doigts sur la corde, plutôt vers la gauche, plutôt au centre, ou plutôt à
droite, affecte considérablement le timbre, en rendant le son respectivement : ferme et mat; clair ou
agressif; doux et rond.
Position de jeu du pouce main droite : (plus de détails dans la nomenclature).
– Des indications sur la partition proposent aussi d’attaquer la corde au pouce sous trois formes :
m.d/’p’ ongle; pulpe; pulpe-ongle.
Ces positions d’attaque du pouce fonctionnent indépendamment des positions de jeu main droite,
mais souvent elles confirment le timbre recherché.
Jouer le pouce avec l’ongle ou la pulpe sont des techniques de jeu connues des guitaristes
classiques, en revanche la technique pulpe-ongle, à la sonorité âpre et rugueuse son origine dans le
jeu de la guitare andalouse (plus de détails dans la nomenclature).
Analyse structurelle :
– L’ensemble de la pièce procède d’un même geste compositionnel se réitérant d’une mesure à l’autre :
sur un flux constant de doubles croches, une vaste courbe mélodique se dessine, prenant appui d’abord
sur les fondements de l’accord par de larges intervalles égrainés, et se transformant ensuite dans le
médium et l’aigu par un mouvement ascendant de notes mélodiques conjointes.
De cette structure de départ, une carrure mélodique se déploie sur un nombre variable de mesures : 6
mesures (repères A, B, D et I); 4 mesures (C et H); 7 mesures (E); 10 mesures (F); 8 mesures (G et K); 12
mesures (J); et 5 mesures pour la Coda finale (L).
– Ces alternances de carrures mélodiques différentes, passant de courtes lignes à de plus amples lignes,
ainsi que les changements réguliers d’accords arpégés sur les degrés du mode de Mi (degrés I-IV-VII soit
Mi-La-Ré), figurent bien l’idée exprimée plus haut: un terrain changeant, superposant métaphoriquement
ces couches sédimentaires. Le changement de mesure à 3/4 (repère F page 3) participe de la même idée,
comme si la mélodie venait maintenant ruisseler sur un terrain qui lui imprime sa courbe.
– Sur un plan tonal, la progression de cette pièce par quartes ascendantes est classique et présente
essentiellement les tonalités mineures de Mi, La et Ré :
le Mi mineur initial se transformant dès la mesure 13 en accord de dominante (Vème degré de La mineur),
puis plus loin à la mesure 34, l’accord de La mineur se transformant en accord de dominante (Vème degré
de ré mineur).
– Ces tonalités permettent l’usage des cordes à vide Mi, La, Ré, ce qui est un moyen, à partir d’une
position fixe, de combiner arpèges et gammes avec fluidité et d’en alléger le jeu.
Ces cordes à vide imbriquées dans le jeu en doubles croches ont aussi pour rôle de donner plus d’aisance
au flux rythmique.
– Dès la mesure 34, la tonalité de Ré mineur s’impose mais les 5 dernières mesures conclusives de la
pièce présentent une technique d’écriture radicalement différente avec 2 mesures sur une harmonie de sol
mineur, jamais entendu auparavant, suivi des 2 mesures terminales sur un battement rythmique des
accords mixés La/Ré (degrés V/I sans tierces). Ce changement d’écriture à pour fonction de conclure la
pièce sur un inhabituel éclairage harmonique, suivi d’une précipitation dynamique offrant une sonorité
neutre et rythmique.
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Les titres évocateurs des mouvements et des sous-parties sont issus
de textes de l’auteur, rattachés à cette pièce.
Enfin, bien que dans les grandes lignes les indications de doigtés, de nuances, de tempi et autres signes
d’interprétation soient justifiables, ces paramètres ne sont que des propositions qui peuvent/doivent être amovibles,
interchangeables ou remplacées selon la personnalité de l’interprète ou suivant l’inspiration du moment. Une attitude
que l’auteur s’applique à lui-même, l’essentiel étant d’obtenir une cohérence narrative dans une esthétique contrôlée.
L’indien dominant-Guitare solo-Arthur Dente








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